Le mystérieux peignoir de Loucif…

26 Mai

photo (3) peignoir lh ok 3Jean-François Riffaud, petit-fils de Julien Teissonnières et fils cadet d’Evelyne, la fille de notre professeur, a eu la gentillesse de me transmettre une photographie à la fois émouvante et amusante. Celle du peignoir de notre grand champion Loucif Hamani, le merveilleux magicien des rings dans les années 70 et 80. Au dos de cet habit noir et or, paré du célèbre logo de la marque « Le coq sportif », on relève justement une petite « coq-uille « , une erreur manifeste d’impression qui a transformé le B de BC (pour Boxing Club) en V. Connaissant bien la psychologie de Monsieur Teissonnières, je suis certain qu’il n’a pas souhaité accorder une grande importance à cette fantaisie inexplicable du fournisseur. Il s’en est probablement accommodé et a dû  faire savoir (avec énergie à mon avis…) à son entourage que ce détail ne méritait pas que l’on réimprimât le peignoir de Loulou. Monsieur Teissonnières ne croyait pas dans le pouvoir de l’apparat. Il savait que, sur le ring, ce n’était pas la couleur de la « culotte » du boxeur ou la marque de ses chaussures qui ferait la différence. Les préoccupations cosmétiques n’avaient pas leur place dans l’art du combat. En revanche, l’esthétique de la gestuelle devait être parfaite : pureté du direct, précision de l’uppercut, rapidité des esquives, finesse du jeu de jambes… Loucif Hamani incarnait, mieux que quiconque, cette exigence. Avec une classe incomparable qui a littéralement hypnotisé tous ceux qui ont eu la chance de le voir boxer. Il demeure, à mes yeux, l’un des plus beaux boxeurs  qu’il m’ait été donné de voir  sur un ring. A bien des égards, il surclasse, à mon sens, dans certains compartiments du « jeu » pugilistique, des champions mythiques comme Sugar Ray Léonard. On ne mesure toujours pas à quel point Loucif a marqué l’histoire de la boxe mondiale. J’y reviendrai dans un prochain article. Mais revenons, pour le moment, à cette photo. Et aux conditions émouvantes dans lesquelles, quelques semaines avant sa disparition, Gérard a confié la « conservation » de ce peignoir à Jean-François, son neveu. Ce moment d’intimité familiale leur appartient bien évidemment. Mais j’ai été sensible à l’expression utilisée par Jean-François pour qualifier le peignoir de notre champion : « cet objet de mémoire », précise, avec délicatesse, le petit-fils de Monsieur Teissonnières qui a tenu à partager cette photo avec tous les anciens du club en me permettant de la publier sur Choisy Boxe. Je l’en remercie une nouvelle fois. Décidément, ce sacré Gérard multiplie les témoignages posthumes sur Choisy Boxe !

Nasser NEGROUCHE

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