Pied-noir, poings nus : un témoignage bouleversant signé Michel Acariès

20 Mai

Officiellement, selon Flammarion, la maison d’édition,  ce sont des Mémoires. Rien de plus qu’un recueil de souvenirs personnels qui retraceraient  le parcours tumultueux d’une épopée familiale. De Bab-el-Oued à Las Vegas, comme l’indique scrupuleusement le sous-titre de l’ouvrage. Et il est vrai que, de son enfance en Algérie à sa réussite insolente aux Etats-Unis, Michel  raconte avec sa faconde habituelle, assaisonnée d’anecdotes souvent ahurissantes, la folle saga du clan Acariès. Sa destinée d’abord, indissociable de celle de son frère Louis,  ex-champion d’Europe des poids super-welters et des moyens. Mais aussi le courage de sa maman et, surtout, le rôle immense, décisif, providentiel de son père; socle moral et spirituel jamais égalé sur lequel Michel a fondé son élévation personnelle.
Un récit enfiévré (écrit avec  le concours du talentueux journaliste et auteur Pierre Ballester, ancien grand reporter à l’Equipe) qui transporte le lecteur, en 290 pages haletantes, de la cité populaire des Vieux-Moulins à Alger, aux suites VIP des hôtels de luxe de Vegas, capitale mondiale du jeu et de la fête. L’ancien grand manitou de la boxe tricolore dans les années 90 et 2000, alors l’un des plus puissants promoteurs de la planète raconte sans langue de bois les dessous de cet univers fascinant, ses secrets, ses codes et ses combines. « Même le boxeur – ce n’est pas un reproche – n’a qu’une vague idée de ce qui se trame en coulisse. S’il se doute que tout n’est pas catholique ou virginal comme dans un camp de louveteaux, il voit rarement au-delà de sa bourse. Pourtant, son combat dépend d’autres combats. Celui qui oppose notamment les managers, les promoteurs. Là aussi, les coups pleuvent », confie le faiseur de champions à la page 269.
Mais derrière ces lignes de vie tapageuses, entre gants de boxe, célébrités, dollars et champagne, ce sont trois lignes de coeur, plus intimes, qui résonnent en filigrane dans le texte, comme un doux murmure parmi les cris bruyants du public autour du ring. Trois ressentis personnels que je partage avec vous :

  • Le cri de détresse d’un enfant déchiré par la guerre d’Algérie, arraché à sa cité, son quartier, ses amis, son histoire… Prés de soixante ans après son écho se fait toujours entendre et la douleur est encore là, présente mais indicible. « Je n’ai jamais quitté l’Algérie, on nous a juste balancés dehors comme des sacs de charbon dans une cave »...
  • Le bouleversant chant d’amour au père, figure lumineuse et transcendante, audible pendant tout le récit pour qui sait l’entendre. Michel Acariès fils voue une reconnaissance et une admiration éternelles à Michel Acariès père. « On lui doit tout, absolument tout. C’est lui qui nous a guidés et c’est grâce à lui que nous sommes tombés dans la corbeille de la boxe ».
  • La fraternité fusionnelle, presque mystique, qui unit Michel et Louis, jumeaux de coeur et d’âme même si plusieurs années les séparent. « J’étais l’oeil de mon père, l’épaule de mon frère, et notre fusion s’apparentait à l’osmose de frères jumeaux, boxe ou pas boxe, bien que nous ayons six ans d’écart. Louis et moi étions du même sang, du même nom, de la même terre. Et de la même vie ».

Trois vérités affectives qui ont construit l’homme et alimenté sa soif de reconnaissance. A 70 ans, Michel Acariès reste dans sa tête ce garnement débrouillard et farceur qui galopait place des Trois-Horloges à Bab-el-Oued. La boxe, la gloire, les affaires ? Tout s’est passé comme dans un rêve. Qui n’a jamais effacé la déchirure originelle, la souffrance née de l’arrachement à sa terre de naissance. « La boxe, notre boxe, vient du plus profond, des batailles des entrailles, que notre condition de pieds-noirs, expulsés à coup de pompes aux fesses n’a pas apaisées ». 

Nasser NEGROUCHE

 

Retour en images sur le gala du 28 avril

9 Mai

Un diaporama souvenir réalisé par notre ami Nagibin Marechal, ancien licencié au Boxing Club de Choisy-le-Roi, photographe de talent et ambassadeur passionné du Noble Art et de ses belles valeurs. N.N

Retour triomphal du Noble Art à Choisy-le-Roi !

1 Mai

Environ 700 personnes ont fait le déplacement, samedi dernier, pour assister à la grande soirée de boxe organisée par le CSQL au gymnase René Rousseau. Un beau succès populaire qui signe le retour du Noble Art dans la ville.

Une soirée de fête organisée de main de maître par Djamel Rémini, entraîneur du CSQL Choisy-le-Roi (avec le micro sur le ring).

Le gala de boxe anglaise organisé samedi 28 avril par le Cercle sportif quartiers libres de Choisy-le-Roi a tenu toutes ses promesses. « Il y avait du monde, des combats de qualité et une ambiance très conviviale… Cet événement a rassemblé toutes les générations autour des valeurs de la boxe : c’est exactement ce que l’on espérait », se réjouit Djamel Rémini, ancien boxeur professionnel et actuel entraîneur du Cercle sportif quartiers libres (section Boxe).
20 ans après la dernière grande manifestation pugilistique organisée à Choisy-le-Roi, la ville a joyeusement renoué avec sa tradition longtemps perdue du Noble Art. « L’implication de la municipalité, le soutien des commerçants locaux, la ferveur des supporters, la formidable mobilisation des anciens boxeurs choisyens… : tout cela démontre que Choisy-le-Roi est une ville qui aime la boxe », analyse Nasser Negrouche, co-organisateur du gala, ancien élève de la redoutable école de boxe locale dirigée par le regretté Monsieur Julien Teissonnières.

Un public ébloui par le talent des boxeurs

Sur le ring, les boxeurs de Djamel Rémini ont émerveillé le public par leur aisance technique, l’élégance de leur gestuelle et leur combativité. On retiendra notamment la spectaculaire démonstration de boxe offerte aux spectateurs par la jeune Nadia Guenfoud, 18 ans seulement, dans la catégorie des moins de 60 kgs. Précise, intelligente et efficace, Nadia a dominé sa valeureuse adversaire Loriane du Boxing Club Briard. A l’issue de la soirée, la brillante sociétaire du CSQL s’est d’ailleurs vu décerner la prestigieuse Coupe du Meilleur Styliste Julien Teissonnières par le jury composé d’anciens poulains de ce mythique professeur de boxe. Sa compagne d’entraînement Nesserine Semmar a également ébloui le public dans la catégorie des moins de 50 kgs face à l’excellente Alessandra Sery du Boxing Club Varennois.

Nadia Guenfoud, 18 ans, a livré un remarquable combat et remporte avec brio la Coupe du meilleur styliste Julien Teissonnières.

Parmi les autres boxeurs choisyens, on citera aussi, chez les juniors, Mansour Semmar, un poids léger au talent prometteur, auteur d’un combat intense face à Adel Belkebiche de Brie-Comte-Robert aussi. Malgré certaines décisions qui ne reflétaient pas toujours la réalité des combats, les autres élèves de Djamel Rémini,  Abdoul Katinzo, Marouan Benabdallah, Valentin Kervella et Nicola Monteiro n’ont pas démérité. Tandis que les deux poids moyens du club (moins de 75 kgs) Nicolas Chipi et Wilfrid Peteng s’inclinaient avant la limite face à des adversaires coriaces.

 

La Coupe du Meilleur Styliste Julien Teissonnières
Initié par Nasser Negrouche, ancien boxeur amateur international au BC Choisy-le-Roi sur une idée de René Acquaviva, ancien entraîneur de l’Equipe de France de boxe et ex-coach du PSG Boxe, ce nouveau trophée distingue le boxeur dont le comportement sur le ring illustre le style de de boxe jadis enseigné de Julien Teissonnières. Véritable marque de fabrique des boxeurs de Choisy-le-Roi, ce style est aujourd’hui perpétué par Djamel Rémini, l’entraîneur du CSQL. Composé d’anciens champions formés par M. Teissonnières, le jury évalue notamment les critères suivants : l’élégance gestuelle, la précision des touches, la fluidité de la boxe et la variété du jeu défensif.

 

La rédaction de Choisy Boxe

Le Parisien salue le retour de la boxe à Choisy-le-Roi !

1 Mai

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