Le Parisien parle de notre cagnotte « Génération Teissonnières » !

29 Août

Dans son édition d’aujourd’hui (pages Ile-deFrance, Val-de-Marne), le quotidien, sous la plume de la journaliste Fanny Delporte, revient sur notre opération de solidarité.

Ring nostalgie…

20 Août
7 boxeurs du BC Choisy-le-Roi sur le ring de Pouchet ! Un joli record pour une compétition fédérale régionale. Un temps hélas révolu…

Une fois agrandie, la photo s’étire dans le temps, perd de sa netteté et prend une allure légèrement trouble. Comme si elle refusait de s’afficher au présent. Ce n’est pas un tirage original. Juste une reproduction de qualité moyenne initialement publiée dans un journal municipal. Je ne pensais pas pouvoir la sauver de l’oubli. Mais c’était sans compter sur les filtres numériques et autres logiciels de retouche qui permettent aujourd’hui d’optimiser la qualité des images ! Après quelques manipulations, ce cliché du ring de la Porte Pouchet dévoile enfin tous ses secrets. Nous sommes au début-milieu des années 80. Probablement en 1983 ou 1984. C’est la traditionnelle photo de groupe prise avant le début des hostilités. La compétition ? Challenge du 1er round ou Critérium des Espoirs à mon avis. Sur le carré magique, des visages bien connus apparaissent, des frères de combat :
– Assis au premier rang, de gauche à droite : Aude Mambolé (1er), Rachid Tombary (3ème), Youcef Lattab (4ème).
– Debout au second rang, de gauche à droite : Mohamed Medjahed dit Malboro (1er), Mohamed Haddadou (2ème), Germain Djida (4ème), Michel Waldemar (5ème).
Au total, cela fait 7 boxeurs – tous licenciés au Boxing Club de Choisy-le-Roi – engagés dans cette compétition. Un record ! A l’époque, notre club était l’une des écoles de boxe les plus redoutées de France et nous étions parmi les toutes meilleures écuries de la région parisienne. Et il n’était pas rare que le BC Choisy-le-Roi se voit décerner la Coupe par club en raison du nombre de boxeurs que nous alignions alors en finale de chaque compétition. Un temps hélas révolu…

Nasser NEGROUCHE

28 Juil

Gérard Teissonnières et Ahmed Mékoues :

Adversaires un jour, amis toujours !

C’est Abdel Ali Debah, ex-champion international des poids moyens, coriace sparring-partner de Loucif Hamani et membre de l’équipe d’Algérie de boxe anglaise qui m’a transmis cette belle photo. On y voit le toujours élégant Gérard Teissonnières (à gauche), inoubliable entraîneur du Boxing Club de Choisy-le-Roi et le truculent Ahmed Mékoues (à droite), figure haute en couleurs du Ring de Montreuil. Tous deux ne sont plus de ce monde. Aujourd’hui encore, les anciens se souviennent avec émotion de ces deux personnalités de la boxe parisienne. Mais peu de gens savent que Gérard et Ahmed ont été adversaires sur un ring à la fin des années 50. Au terme d’un combat animé, Mékoues remporta logiquement le combat aux points. Mais cet épisode, finalement anecdotique, n’a pas beaucoup d’importance. Ce qui compte, c’est l’amitié fraternelle qui a lié ces deux anciens boxeurs tout au long de leur vie. Même lorsque leurs poulains respectifs s’affrontaient lors d’une finale attendue à Pouchet, qu’une décision pouvait être bruyamment contestée par l’un ou l’autre ou encore lorsqu’ils n’étaient pas d’accord sur les modalités d’un futur combat entre deux de leurs protégés. A chaque fois, le respect mutuel l’a emporté sur la colère, l’humilité sur l’orgueil et le fair-play sur la mauvaise foi, l’esprit partisan… Un vrai miracle quand on a connu les caractères bien trempés de ces deux-là ! J’entends encore le fracas de leurs voix qui résonnent dans les vestiaires, à la pesée ou autour du ring. Leurs rires aussi. Qu’ils reposent en paix.

Nasser NEGROUCHE

Loucif Hamani for ever !

18 Juil

C’est dans un petit bistrot kabyle d’Ivry-sur-Seine, en cette chaude après-midi de juillet, que j’ai retrouvé Loulou. Juché sur un tabouret de bar, chemisette bleue et blanche au col largement ouvert, chaîne en or et lunettes autour du cou, il était en train de disputer une partie de domino lorsque j’ai poussé la porte du troquet…

L’oeil vif, un sourire malicieux sur les lèvres, son visage s’illumine lorsqu’il me voit. Ma joie est encore plus intense. Comme à chaque rencontre, nous tombons sans protocole dans les bras l’un de l’autre sous les regards ahuris de l’entourage. On se dévisage comme deux rescapés improbables d’une apocalypse païenne. Quel bonheur de revoir, cinq années après notre dernière rencontre à Fontenay-sous-Bois, Loucif Hamani ! Uppercut émotionnel garanti. Qu’importent le temps qui passe, l’âge, les pépins de santé, les coups durs de la vie : rien ne gâche notre plaisir. Seul l’instant présent compte. On se retrouve et on oublie tout le reste. La rumeur du bistrot, la partie de domino, la chaleur suffocante, les soucis du quotidien… : plus rien n’existe. Nous voici tous deux projetés dans le passé, au Boxing Club de Choisy-le-Roi dans les années 80.

Voyage dans le passé

Des visages et des voix surgissent du néant. On entend Julien Teissonnières, notre regretté entraîneur, sermonner Loucif qui affiche encore 2 kgs de trop à trois jours de son combat. « Si tu n’es pas au poids demain, j’annule tout ! ». Gérard, le défunt fils de Julien, qui chante Le mambo du décalco de Gotainer pendant la séance collective de culture physique. Le martèlement continu du sac de sable, le claquement sec de la corde à sauter sur le sol et le choc des gants de cuir sur les pattes d’ours se confondent avec les respirations haletantes des combattants et la sonnerie stridente de la minuterie qui retentit toutes les trois minutes. Soudain, c’est soir d’entraînement dans les eighties.
On évoque nos frères de combat trop tôt disparus : Guitry Bananier, Abdel Laidoudi et tant d’autres hélas… Loucif n’a rien oublié. Ni personne. Sa mémoire est intacte. En souriant, il se souvient de certains anciens boxeurs du club : Lakhal Djellal, Khaled Lasbeur, les frères Debah, Bruno Mini, Madjid Izouaouène, Salah Ouhab, Djamel Rémini, Madani Medjani, Daniel Masson … « Sachez bien que je me souviens de chacun d’entre vous, même si je ne cite pas tout le monde. Je vous remercie de m’avoir toujours soutenu lorsque je boxais et je vous passe à tous un très grand bonjour ! », déclare Loucif avec une sincérité non feinte.
Il se souvient aussi de chacun de ses combats et égrène sans aucune erreur la liste de ses adversaires. Le plus dur ? Rudy Roblès en 1976 à Paris. L’Américain avait affronté, quelques mois plus tôt, le légendaire colombien Rodrigo Valdès pour le titre mondial WBC des poids moyens. Marvin Hagler ? Il avait des poings d’acier. Lucide, vif, Loulou se souvient de tout. Impressionnant pour celui dont la presse algérienne avait imprudemment annoncé la mort le 26 juin dernier. Lorsque je l’interroge sur ce sujet, il ne cache pas sa sidération. « C’est inexplicable ! J’ai reçu des appels téléphoniques toute la nuit, jusqu’à 6 heures du matin… Mes proches aussi ont été submergés d’appels. C’est de la folie cette histoire. Le pire, c’est que certaines personnes ont vraiment pensé que j’étais décédé et ont été plongées dans la tristesse, les pleurs… Je ne sais pas qui est derrière tout ça, mais cette fausse information a provoqué inutilement de l’inquiétude et de la souffrance ».

L’humilité des vrais grands

Malgré les démentis immédiats de ses proches et notre prompte dénonciation de cette sinistre rumeur ici même, la fake news apparaît toujours sur plusieurs sites et pages Facebook algériens. Un vrai délire collectif. Et surtout une absence totale de respect pour Loucif Hamani et sa famille. Mais Loulou ne s’attarde pas sur cette triste énigme. Il préfère poursuivre notre voyage dans le temps. Notre regretté entraîneur, Julien Teissonnières, occupe une place particulière dans son coeur. « Il était comme un père pour moi. Je n’oublierai jamais tout ce qu’il a fait pour moi, surtout à mes débuts… Je lui dois tant… ».
Plongés dans nos souvenirs communs, on aurait presqu’envie de renfiler les gants pour retrouver ces indicibles sensations que seul le ring sait procurer à ses vrais adeptes. Je lui rappelle ce jour où, lors d’une séance d’entraînement à Cheraga, près d’Alger, il m’avait plié en deux de l’un de ses uppercuts tranchants au foie. Sans le vouloir, sans aucune méchanceté. Car Hamani n’a jamais cherché à faire mal à ses sparring-partners. Il savait faire baisser la pression lorsque celui qui lui donnait la réplique était en difficulté. Jamais il n’appuyait vraiment ses coups à la salle. Sinon, aucun d’entre nous n’aurait tenu plus de deux rounds. Loucif a un coeur d’or. Simple, accesssible, généreux, il a l’humilité des vrais grands.
Un soir de combat, en décembre 1980 à Paris, il accomplit même un geste jamais vu sur un ring de boxe. Opposé à O’Dell Leonard, Loucif domine largement le combat et administre une magistrale leçon de boxe à l’Américain. Alors que ce dernier s’effondre sous ses coups, au 7ème ou 8ème round de mémoire, Loucif passe derrière lui et le relève en le saisissant sous les bras avant qu’il ne touche le sol. « C’est vrai, je m’en souviens très bien ! « , sourit-il lorsque je lui rappelle cette scène. Son regard s’allume et il me confie penser souvent à ces belles années boxe avec un brin de nostalgie. Moi aussi. Aujourd’hui, les combats de boxe diffusés à la télévision le laissent indifférents. Aucun boxeur ne le fait vibrer. « Le niveau n’est plus le même. Il n’y a plus de grand champion capable de remplir les salles. On ne voit plus de belle boxe… », regrette-t-il. Comment ne pas lui donner raison ? Surtout lorsqu’on a eu l’immense privilège de le voir boxer… Loucif, c’était la boxe dans toute sa pureté. La perfection pugilistique à l’état brut. Inimitable et jamais égalée à ce jour. Hamani for ever !

Nasser NEGROUCHE

error: Content is protected !!