Mehdi Labdouni, poings d’acier et coeur de lion !

11 Mai

C’était il y a une trentaine d’années, mais je me souviens encore de sa frappe. Lourde, puissante, archaïque. Pourtant, le combat n’aura pas duré plus d’un round sur le ring de la Porte Pouchet. Ni K.O, ni jet de l’éponge, ni abandon. Mais un arrêt du médecin. Une décision plutôt rare. Mon oeil gauche, complètement fermé, ne me permettait plus de voir ses coups arriver. Lucide mais borgne… Aujourd’hui, lorsque je revois Mehdi Labdouni, il me décrit avec précision la scène étrangement gravée dans sa mémoire : « Nasser, à un moment je fais un retrait du buste pour éviter un de tes coups, puis je reviens avec un direct du gauche à la face. Et c’est là que je vois ton oeil gonfler instantanément. J’ai rien compris… ». Celui a conquis trois fois la ceinture tricolore des poids plumes et super-plumes et disputé quatre championnats d’Europe (dont 2 victorieux) et même un championnat du monde IBO (contre le Britannique Michaël Ayers en 2000 à Brentford) dans les rangs professionnels se souvient parfaitement de notre court affrontement en amateurs au milieu des années 80. La mémoire des boxeurs…

Seul Français vainqueur de Stéfano Zoff

L’ex-élève du regretté Marcel Pigou, l’entraîneur de l’US Fontenay, était déjà une petite vedette à l’époque. Battant organisé, gros frappeur, mental de fer et condition physique toujours optimale, il descendait la plupart de ses adversaires. En pro, il exprimera tout son potentiel en raflant le titre de champion de France et la couronne européenne. Il reste le seul boxeur français à avoir battu le redoutable champion italien Stéfano Zoff auquel il ravira le titre continental en 1994. Démolisseur redouté, Mehdi a défié les plus grands de sa catégorie sans jamais tricher. Victime du boxing business, insuffisamment entouré et sans véritable plan de carrière, il a consenti certaines défaites imméritées face à des boxeurs moins doués que lui mais très protégés. Et chouchoutés par les diffuseurs TV car jugés plus « fédérateurs » par les dirigeants des chaînes… Les connaisseurs ne sont pas dupes. Tous les anciens du Boxing-Club de Choisy-le-Roi se souviennent bien de Labdouni. Le talentueux Habib Benkouider l’a d’ailleurs vaillamment affronté en 4×3 mn. Je voulais rendre ici hommage à Mehdi en partageant avec vous ce court documentaire intitulé « La boxe dans la peau » que lui a consacré le jeune auteur et réalisateur Lucas Hesling en 2017. On y découvre une autre facette, moins connue, de l’ex-champion d’Europe des plumes qui a repris avec succès les rênes du club de boxe de Fontenay-sous-Bois.

Nasser NEGROUCHE

A la mémoire d’Abdel Laidoudi…

27 Avr
Le regretté Abdel Laidoudi, talentueux poids mi-lourd à la frappe dévastatrice. Un destin tragique l’a privé d’une grande carrière…

Disparu dans des circonstances tragiques il y a 32 ans, Abdel Laidoudi, l’ex-champion d’Algérie des poids mi-lourds, remarquable boxeur professionnel licencié au BC Choisy-le-Roi, aura marqué l’histoire de notre club dont il a été l’un des plus solides piliers dans les années 80. Et aussi l’un des plus gros frappeurs… Nous lui avions déjà consacré un article sur ce blog en 2013 : https://choisyboxe.com/2013/08/25/laidoudi-26-ans-deja/
Mais à l’époque, les photos de lui étaient rares. C’est avec plaisir que je partage aujourd’hui avec vous deux photos de ce regretté colosse des rings qui était promis à une belle et grande carrière pugilistique. La première (sur laquelle il apparaît en garde dans une petite cuisine) m’a été transmise par un membre de sa famille

Au premier plan, à gauche, les mains tendues sur les genoux, Abdel Laidoudi avec ses camarades de l’Equipe d’Algérie de boxe lors de la préparation des Jeux Africains en 1978.

La seconde (prise avec l’équipe d’Algérie de boxe en 1978) par notre ami Abdel Ali Debah, ex-champion d’Algérie des poids moyens et boxeur international, qui était proche de lui. Tous deux ont d’ailleurs été des sparring-partners assidus et valeureux de notre merveilleux champion Loucif Hamani.

Nasser NEGROUCHE

Castanier père et fils

24 Fév
Raymond Castanier, à gauche, près de Julien Teissonnières. On reconnaît aussi Youssef Debah, en arrière plan, derrière les cordes du ring, près d’un boxeur de notre club.

Sa longue CX break grise nous servait de mini bus. On pouvait y tenir à 8 ou 10. Ça dépendait des catégories de poids auxquelles appartenaient les passagers… Enfants, on s’y entassait aussi parfois dans le coffre comme des sardines en boîte. Une fois arrivé à destination, on en descendait avec des fourmis dans les jambes, les muscles endoloris et des courbatures dans le dos. Un combat avant le combat…

Un mélange de Gabin et de Blier

Notre bien dévoué chauffeur s’appelait Raymond Castanier. Avec son nez aplati, ses costumes rayés et sa gouaille parisienne, il semblait tout droit sorti d’un film d’Henri Verneuil. Un improbable mélange de Gabin et de Blier. Ancien boxeur amateur au nombre incalculable de combats, il était président du Boxing Club de Choisy-le-Roi (fin des années 70, début des années 80) où son fils, Thierry, un bon styliste dans les poids légers, était aussi licencié. Tous les soirs à la salle, disponible, proche des boxeurs dont il comprenait parfaitement la psychologie, il nous emmenait sur tous les rings de France à bord de sa Citroën légendaire qui était équipée d’une suspension hydropneumatique. Un système révolutionnaire à l’époque. Quelques secondes après le démarrage, le véhicule se relevait en position haute, roues dégagées, de manière spectaculaire. C’était un spectacle inoubliable qu’il était fier de nous commenter à chaque déplacement.
D’une rare disponibilité, toujours au service des boxeurs, il incarnait l’un des plus beaux visages du bénévolat qu’il m’ait été donné de voir. Dans les moments difficiles, il savait trouver les mots justes pour nous remonter le moral, nous réconforter. Comme après une défaite, par exemple. A la tête d’une entreprise spécialisée dans l’entretien et la réparation de fermetures et stores, l’homme ne manquait pourtant pas de travail dans le civil… Mais il s’arrangeait toujours pour répondre présent lorsque nous avions besoin de ses services. Il trouvait même le temps de s’investir dans l’association « Les anciens de la boxe » dont il était un membre très actif. Au milieu des années 80, après une brouille avec Julien Teissonnières, il abandonnera ses fonctions de président du club. Mais restera toujours présent dans le monde de la boxe avant de nous quitter définitivement…

Un élégant styliste

Thierry Castanier, un talentueux poids léger à la boxe soignée.

Thierry, son fils, était un bon styliste, à la boxe élégante et appliquée sur le ring. Son enchaînement favori était tout simplement un remarquable « 1,2,3 », gauche-droite-gauche, précis et rapide. Une savoureuse spécialité pugilistique choisyenne. Mobile, bien en ligne, la garde haute, il avait connu un certain succès à la Porte Pouchet, au tout début des années 80, dans la catégorie des poids légers. Discret, humble et très sympathique, il ne bénéficiait d’aucun traitement de faveur en tant que fils du président. Bien au contraire… A ce titre, il devait justement se montrer exemplaire en toutes circonstances et il ne lui était d’ailleurs pas toujours facile de gérer cette pression psychologique. Après quelques années de pratique, il décidera de jeter l’éponge pour se consacrer pleinement à la reprise de l’entreprise familiale dans laquelle il travaillait déjà. Je n’ai jamais eu de nouvelles de lui depuis toutes ces années. Il doit toujours être en activité et j’espère qu’il nous rejoindra bien vite sur ce blog. Thierry, nous ne t’avons pas oublié, fais-nous signe !

Nasser NEGROUCHE

Le Bulletin des Sports de Choisy-le-Roi saison 1983-84

7 Déc
35 ans après sa parution, cette édition n° 8 du Bulletin des Sports publiée par l’OMS est quasiment intacte. A la Une, rassemblés autour de Julien et Gérard Teissonnières, les boxeurs du BC Choisy-le-Roi.

35 ans après, la revue est quasi intacte, soigneusement conservée dans une chemise en carton à rabats retrouvée dans mes archives. C’est le n°8 du Bulletin des Sports édité par l’Office municipal des Sports de la ville (OMS) en septembre 1983. Une édition annuelle qui couvrait l’ensemble de la saison sportive. A la une, une photo, prise au Gymnase Max Rousié de la Porte Pouchet (Paris 17ème) probablement au début de l’année 1983,  de plusieurs boxeurs de notre club qui étaient alors en activité.
Rassemblés autour de notre regretté professeur, Julien Teissonnières et son fils Gérard,  de notre ancien  président Raymond Castanier et de l’ex-président du Comité d’Ile-de-France Raymond Baldeyrou, on reconnaît au premier rang accroupis, de gauche à droite : moi-même, Nasser Negrouche, Areski Lounis, Youssef Lattab. Au deuxième rang, à la gauche de Gérard, c’est Fayçal Debah qui arbore fièrement sa médaille autour du cou. Juste derrière Monsieur Teissonnières, je pense reconnaître le visage de notre ami Haddadou dont je garde un bon souvenir. A droite de Monsieur Castanier, il me semble que c’est Gharbi. Je ne reconnais pas, en revanche, le boxeur qui se trouve à sa gauche. Dans le fond, à gauche, on distingue sans mal Youssef Debah, ex-champion de France amateur des poids lourds. A droite, je ne parviens pas à identifier avec certitude le boxeur. Peut-être Frédéric Djefal ? Mais il n’était pas aussi grand, à moins qu’il ne se soit placé sur la première marche du gradin pour la photo. Je compte sur vous pour m’aider à mettre un nom sur tous les visages !

Nasser NEGROUCHE

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